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DE LA VILLE DE PARIS.
Ensuit la teneur des lettres du Roy.
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escripre ''', et à la mesme heure avons aus
lettres closes du Roy, à nous apportées par messei­gneurs les conte de Tonnere'2' et sr de Clerevaulx'3', envoiez lieutenans pour le Roy en ceste ville, dont nous vous envoyons coppie; et par leur commande­ment nous vous renvoyons ce present porteur exprès et en dilligence, affin que, en la plus extreme dilli­gence qu'il sera possible, il vous plaise nous faire l'ayde et prest des gens de guerre, munitions de pouldres, canonniers et artillerie, piques et bastons de guerre avec argent, dont vous avons prié et re­quis par nos aultres lettres'4', consideré l'extreme et instante necessité qui le requiert, qui est telle que l'ennemy, après avoir prins et bruslé la ville de Chaulny et tout le païs circonvoysin, mes[me]ment le pavillion du Roy et jusques aux portes de Noyon, et avoir assiégé et environné lad. ville de Noyon, il court jusques en ce lieu; vous advisant que le delai en ce feroit dommaige ireparable comme aussi à tout le pays.
"Mess", nous prions le Createur vous tenir en plus grand seureté que nous, et vous donner ce que plus desirez.
"De Compiengne, à haste, le xvi0 Octobre mil vclii.
"Vos freres et amys,
"Les officiers du Roy, gouverneurs, manans et habitans de la ville de Compiengne."
Lettres du Roy envoyées À Mess" les Prevost des Marchans et Eschevins
PAR LES HABITANS DE CoJIPlENGXE AUSQUELZ SE ADRESS01EXT LESDICTES LETTRES '5).
15 octobre. De par le Roy.
«Chers et bien amez, voiant [que] les ennemis, après avoir failly au dessaing qu'ilz avoient pour se saisir de la place de La Fere, ont marché jusques à Chaulny en intention de brusler et faire les plus de dommaige qu'ilz pourront à noz subjects, nouz avons advisé, oultre (?) tout l'ordre que nous avions ja donné d'aillieurs pour les endommager, et advertiz de leurs entreprinses, envoyé en nostre ville de Compiengne'6' le conte de Thonnerre et le seigneur de Clervaulx, gentilhommes de nostre Chambre, pour vous fere entendre la bonne provision que nous avons donné partout, et au demeurant regarder de pourveoir ad ce qui est necessaire'7' pour la seuretté de voz biens et personnes et la deffense de lad. ville de Compiengne. Sur quoy nous vous prions trés affectueusement vous voulloir emploier selon le besoing qui s'en offrira, croiant et obeissant à tout ce que lesd, conte de Tonnerre et sr de Clervaulx
-1' En date du même jour 16 octobre, ces lettres sont transcrites à la Cn de l'art, précédent.
'!) François Du Bellay, comte de Tonnerre par sou mariage avec Louise de Clermont. Il mourut en 1553.
'3> "De Clerevaux, Clervaulx», sic semper au Registre, ès articles XXIX (quatre fois) et LIV; mais il faut corriger en "Clervant», méme malgré la leçon "Clervaulx- du texte de Compiègne. C'est par une erreur de lecture bien facile à concevoir, que -Clervant» a été pris pour «Clervaut» et noté «Clervaulx» par assimilation à un nom de lieu très connu. —Le P. Anselme et divers autres généalo­gistes donnent "Clervaux, Clervaut» comme une branche de la maison de Vienne; et en effet, Claude-Antoine, baron de Copel et sei­gneur de Clervant, alias Gervans, colonel de 5oo reîtres, appartenait à cette illustre maison bourguignonne. Ce personnage, qui joua un grand rôle dans les affaires politiques et religieuses de son temps, devint, par son mariage (1553) avec Catherine de Heu, issue d'une noble famille messine (P. Anselme, VII, 811), l'un des chefs de la Réforme, qu'il contribua puissamment à établira Metz. Un côté moins connu de son caractère, c'est son goût éclairé pour les objets d'art et les antiquités; il mit à profit son séjour à Metz, pendant le siège, pour recueillir un grand nombre de monuments dont il forma une collection appréciée des connaisseurs; Gruter en fait mention à plusieurs reprises : In œdibus Clerevantii; in œdibus Clerecantiis et Boissard. — Voy. Metz ancien, par le président d'Hannoncelles, ll, p. i3o; les Observations séculaires de Paul Ferry, mss. 856-857 de la bibliothèque de Metz; une notice de M. Aug. Prost surie seigneur et la dame de Gervans, à la page 128 de l'ouvrage posthume de M. de Bouteiller, intitulé Chronique de Buffet : La Ligue à Mels; (i884); Arthur Benoit : Les Bibliophiles, les Collectionneurs et les Bibliothèques des Monastères des Trois-Evéchés (1552-1790), Nancy, i884, p. 176. — Claude II de Vienne, seigneur de Clervant, est d'ailleurs si connu que cette note n'eût pas dépassé les proportions ordinaires, si seulement les lettres originales de Henri ll se fussent laissé retrouver aux Archives de Compiègne, ne pouvant se faire qu'elles ne donnassent point Clervant, altéré d'abord en Cleroaut, puis facilement assimilé à Clervaulx dans nos textes de seconde et troisième mains.
O En date du 1 5 octobre ; transcrites ci-dessus art. XXVII.
(-) La teneur de ce document, telle qu'il se lit dans notre Registre B, est entachée de plusieurs omissions et erreurs de copie; la leçon originale du Registre BB 21 des Archives de Compiègne est rétablie, soit entre crochets dans le texte, soit en note quand il y a lieu. — Voici le début de cette pièce (fol. 53) : Ledit xvi' jour d'octobre mil v' ui, sur le vespre, arrivèrent en ce lieu de Compiegne messieurs Du Belay conte de Tonnerre, et de Clervaulx, lieutenans pour le Roy, el fuirent la ronde de la Ville; et après les avoir receuz et faict la reverence, nous donnerent unes lettres closes du Roy dont la teneur ensuit : De par le Roy...
(°) Nous avons advisé pour les endommaiger et divertir de leurs entreprins ( sic ) ele envoyer en nostre ville de Compiengne.
C Pourveoir à ce qu'il sera necessaire.